Fresques macabres |
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| Auteur : Marie-Agnès Lambert |
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Dès la fin du XVe siècle en Europe, des fresques et des peintures sur le thème des danses macabres animent les murs extérieurs des cloîtres, charniers, ossuaires et également l'intérieur des églises. La première danse macabre aurait été peinte à Paris en 1424 au Cimetière des Innocents. Avant les danses macabres, il existe le Vado Mori (je me prépare à mourir), poème en latin d'origine française remontant au XIIIe siècle. Au XVIIe siècle, beaucoup de danses macabres disparaissent sous une couche de badigeon ou sont détruites. <?
La farandole des morts et des vivants
Les danses macabres se présentent le plus souvent sous forme d'une farandole, précédée d'un récitant, où alternent squelettes et vivants, disposés dans un ordre hiérarchique décroissant. Sous les personnages, se trouve le texte du poème où s'expriment les personnages. Avertissement pour les puissants et source de réconfort pour les pauvres, la danse macabre incite à mener une vie responsable et pieuse. La Mort rappelle que la vie est éphémère et que les hommes sont tous destinés à mourir sans exception. Elle entraîne tout le monde dans la danse en ne regardant ni le rang, ni les richesses, ni le sexe, ni l'âge. Le plus souvent, elle est représentée par un instrument de musique, évoquant le côté séducteur, attirant, un peu diabolique du pouvoir d'enchantement de la musique.
Les danses macabres délivrent à la fois un message social de la mort et invitent à une méditation intime sur le passage vers l'au-delà qui inspire tant de crainte.
Le Dit des trois Morts et des trois Vifs
À La Ferté-Vidame, (Eure-et-Loir), la chapelle de Réveillon conserve des peintures du début du XVIe siècle. Ce sont des fresques évoquant la vie et la passion du Christ mais également la mort, comme le Dit des Trois Morts et des Trois vifs. Un Dit est une sorte de fable dont se dégage une morale simple. D'origine orientale, le Dit s'introduit en France dans les églises, du XIIe jusqu'au XVIe siècle. Dans le Dit des Trois Morts et des Trois vifs, un groupe de trois jeunes seigneurs, joyeux, avec leurs atours, leurs chevaux, des faucons, s'oppose à trois cadavres qui les interpellent : «ce que vous êtes, nous l'étions, ce que nous sommes, vous le serez». Entre les jeunes gens effrayés et les morts aux rictus hideux qui sortent de leurs tombeaux, se dresse la croix du cimetière, invitation évidente à la pénitence. Les trois vivants sont bien dessinés, le cheval noir se cabre, les cavaliers lèvent les bras, les oiseaux battent des ailes. Le premier mort menace du poing, les autres se couvrent à demi de leur linceul. Ces morts sont des cadavres non des squelettes. Ce tableau évoque ainsi l'échéance fatale que tout homme rencontre : la mort.
À lire Voyages en enfer Monique BLANC Citadelles de Mazenod, 199 pages, 49 ? Que se passet-il après la mort ? Irons-nous au paradis, en enfer ? Une question que se sont posés les civilisations, les religions, la littérature et l'art. À travers de nombreuses illustrations de l'art paléochrétien à nos jours, l'auteur, conservateur du département du Moyen-Âge/Renaissance du Musée des arts décoratifs de Paris nous entraîne dans un voyage fantastique dans l'enfer faisant apparaître les naïvetés de l'époque et les terreurs emphatiques à d'autre périodes. Mais l'enfer n'est-il pas sur terre ? |
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